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Métiers de l'ULM

Formation d'instructeur ULM : ce qui change au 1ᵉʳ février 2027

Deux arrêtés du 22 juillet 2026 refondent la formation d'instructeur ULM : 50 h de théorie, 30 h de vol, restriction 12 mois, examinateurs EIULM. Ce qui change.

Par l'équipe BlériotMis à jour le 26 août 2026 9 min de lecture

Le 1ᵉʳ août 2026, deux arrêtés du 22 juillet ont été publiés au Journal officiel. Ils réécrivent entièrement la formation des instructeurs ULM. Si tu es instructeur, ou si tu comptes le devenir, voilà ce qui change — et ce qui ne change pas. Le parcours tel qu'il fonctionne aujourd'hui reste décrit dans notre guide devenir instructeur ULM.

La réponse courte, d'abord. Rien ne change avant le 1ᵉʳ février 2027. Ta qualification reste valable, ta formation en cours continue, tes élèves ne voient aucune différence. Mais si tu prépares ton entrée en formation d'instructeur, la date à laquelle tu commences va décider du parcours que tu suis.

Les deux textes, et à quoi sert chacun

Il y en a deux, et on les confond facilement.

Le premier — l'arrêté du 22 juillet 2026 modifiant l'arrêté du 31 juillet 1981 (NOR TRAA2616173A) — réécrit ce que tu dois faire, toi, pour devenir et rester instructeur : conditions d'entrée, durée de formation, examen, privilèges, prorogation.

Le second — l'arrêté du 22 juillet 2026 relatif à l'agrément d'organisme de formation d'instructeur (NOR TRAA2616176A) — réécrit les règles des écoles qui forment les instructeurs. Il abroge l'arrêté du 24 novembre 2017, le texte de référence depuis huit ans.

Les deux entrent en vigueur le 1ᵉʳ février 2027. Une exception : l'article 4 du premier, qui touche l'examen pratique du brevet, attend le 1ᵉʳ février 2028.

📌 Une dépêche spécialisée a annoncé le « 2 février 2027 », par un calcul de six mois après publication. L'article 9 du texte dit autre chose, et c'est lui qui fait foi : « Le présent arrêté entre en vigueur le 1er février 2027 à l'exception de l'article 4 qui entre en vigueur le 1er février 2028. »

Pour entrer en formation : la classe 1 et la classe 5 changent de règle

Aujourd'hui, l'expérience exigée avant d'entrer en formation d'instructeur se compte en heures pour les six classes. À partir de février 2027, le paramoteur et l'aérostat passent en nombre de vols — ce qui a du sens : un vol de paramoteur dure rarement une heure.

Classe Aujourd'hui À partir du 1ᵉʳ février 2027
1 — Paramoteur 70 h 100 vols
2 — Pendulaire 100 h 100 h
3 — Multiaxe 150 h 150 h
4 — Autogire 200 h 200 h
5 — Aérostat ultraléger 70 h 50 vols
6 — Hélicoptère ultraléger 200 h 200 h

(Le détail de chaque classe est sur la page les classes d'ULM.)

Deux autres conditions bougent :

  • Ton théorique instructeur aura une date de péremption. Aujourd'hui, le texte demande simplement un résultat satisfaisant à l'évaluation théorique instructeur, sans condition de date. Demain, il faudra l'avoir obtenu dans les vingt-quatre mois qui précèdent l'évaluation initiale. Si tu vises l'instruction, ne passe plus le théorique « pour l'avoir » des années à l'avance.
  • L'exception paramoteur sort de l'implicite. Le texte actuel exige l'autorisation d'emport de passager depuis six mois « lorsque approprié » — une formule qui laissait la place à l'interprétation. Le nouveau texte tranche : six mois d'emport de passager pour toutes les classes, à l'exception explicite de la classe 1.

Le parcours : trois étapes deviennent une seule ligne droite

Le parcours actuel passe par un statut intermédiaire, l'instructeur stagiaire : formation initiale, puis reconnaissance de la qualité de stagiaire, puis formation pédagogique en donnant de vrais cours, puis examen final.

Le nouveau texte supprime cette étape intermédiaire. Il ne reste qu'un chemin :

  1. L'évaluation initiale, menée par le responsable pédagogique de l'organisme ou un formateur qu'il désigne. Si ton niveau ne suffit pas, on te propose une mise à niveau et tu repasses l'évaluation — ce n'est pas un couperet.
  2. La formation, théorique et pratique.
  3. L'examen de fin de formation, à réussir dans les vingt-quatre mois qui suivent l'évaluation initiale.

Ce que dure la formation, exactement

50 heures de théorie, décomposées par le texte lui-même :

  • 15 heures sur les techniques d'instruction ;
  • 32 heures sur les connaissances théoriques ULM, dont les spécificités de ta classe ;
  • 3 heures sur les vols « solo ».

Et de la pratique, qui dépend de ta classe :

  • 30 heures de vol pour les classes 2, 3, 4 et 6 ;
  • 30 vols pour la classe 1 ;
  • 15 vols pour la classe 5.

Ce sont des minimums, le texte le précise. Et si tu détiens déjà un titre d'instructeur avion, hélicoptère, planeur, ballon ou dirigeable, tu as droit à des crédits : dispense complète du module « techniques d'instruction » et jusqu'à 25 heures de crédit sur le reste de la théorie.

L'examen de fin de formation, en trois parties

  • un briefing long : un cours en salle de trente minutes, sur un sujet transmis à l'avance ;
  • un exercice de connaissances théoriques ;
  • un vol pédagogique : quinze minutes de prévol pédagogique, quinze minutes de briefing court, quarante-cinq minutes de vol au minimum, quinze minutes de débriefing.

Et une règle qui compte : l'organisme doit proposer au moins un examinateur extérieur à l'organisme où tu as été formé — sauf en classes 1 et 5. Tu ne peux pas être examiné par quelqu'un qui t'a donné plus de 25 % de ta formation pratique.

La nouveauté qui va faire parler : douze mois de privilèges restreints

C'est le vrai changement de philosophie. À la délivrance de ta qualification, tes privilèges sont limités pendant au moins douze mois : tu formes des élèves pilotes, tu délivres les autorisations de vol solo, tu fais passer les épreuves — mais tu ne formes pas d'instructeurs.

Pour lever cette restriction, il faut :

  • avoir effectué 20 heures d'instruction en vol (classes 2, 3, 4, 6), 10 séances (classe 1) ou 5 séances (classe 5) ;
  • avoir supervisé un vol seul à bord ;
  • avoir suivi, dans les six mois précédant la demande, un module de levée de restriction dans un organisme agréé.

Cette restriction ne t'empêche pas de proroger ou de renouveler ta qualification. Et elle ne s'applique pas si tu détiens — ou as détenu — une autorisation d'examinateur avion, hélicoptère, dirigeable, ballon ou planeur.

Est-ce une bonne nouvelle ? Sur le fond, difficile de dire le contraire : former des instructeurs sans avoir jamais formé d'élèves était une anomalie. Sur la forme, ça allonge le chemin de ceux qui visent la formation de formateurs.

Rester instructeur : le vol de contrôle devient une évaluation de compétences

Ta qualification reste valable 36 mois, comme aujourd'hui. Ce qui change, c'est ce qu'il faut faire pour la prolonger. Aujourd'hui : un stage d'actualisation dans les 36 mois, et un vol de contrôle dans les 12 mois précédant l'échéance. Demain, dans les douze mois qui précèdent la fin de validité :

  • un stage d'actualisation des connaissances sur deux journées, en présentiel ;
  • une évaluation de tes compétences d'instructeur, conduite par un examinateur d'instructeur (EIULM), sur la même trame que l'examen de fin de formation.

Et si tu instruis sur plusieurs classes : l'évaluation change de classe à chaque prorogation, en alternance. Fini l'idée de toujours revenir sur sa machine préférée.

L'EIULM : un nouveau titre d'examinateur

Le texte crée l'autorisation d'examinateur d'instructeur de pilote d'ULM (EIULM). Pour l'obtenir :

  • détenir une qualification d'instructeur ULM valide avec le privilège de former des instructeurs ;
  • justifier de 150 heures de formation dispensées à des élèves instructeurs, dont 50 heures en vol (ou 100 heures dont 50 vols en classe 1, ou 100 heures dont 25 vols en classe 5) ;
  • ne pas avoir fait l'objet de sanction disciplinaire dans les trois dernières années ;
  • avoir suivi, dans les douze mois précédant la demande, un stage de standardisation EIULM d'une journée, « organisé par le ministre chargé de l'aviation civile ».

L'autorisation vaut 36 mois. L'examinateur conserve ses comptes rendus cinq ans.

Côté écoles : nouvel agrément, deux dates à ne pas rater

Le second arrêté crée un régime d'agrément délivré sans limitation de durée — c'est un changement de fond, l'agrément ne se renouvelle plus, il se maintient. En échange, l'organisme doit désigner un dirigeant responsable et un responsable pédagogique, écrire une politique de sécurité, tenir un manuel, faire approuver ses programmes, et transmettre chaque année avant le 31 mars le bilan de son activité.

Deux dates, et c'est la première qui compte :

  • avant le 1ᵉʳ juillet 2027 : déposer la nouvelle demande d'agrément ;
  • 1ᵉʳ août 2027 au plus tard : les anciens agréments deviennent caducs.

Entre les deux, un organisme continue de former sous l'ancienne réglementation jusqu'à la fin de validité de son agrément.

Et si tu es déjà en formation ?

Le texte a prévu le cas. Tu poursuis ton parcours dans les conditions actuelles jusqu'à la date où ton organisme obtient son nouvel agrément. À partir de là, ton organisme t'évalue, détermine ce qu'il te reste à faire, l'inscrit dans ton livret de progression — et tu disposes de 24 mois à compter de cette évaluation pour réussir l'examen de fin de formation.

Les qualifications déjà délivrées et en cours de validité sont réputées conformes au nouveau régime. Celles qui ont expiré peuvent être renouvelées selon les nouvelles règles. Les attestations de fin de formation délivrées sous l'ancien texte restent valables.

Ce que ça change pour un élève pilote (presque rien, puis quelque chose)

Deux points te concernent, même si tu ne vises pas l'instruction.

À partir du 1ᵉʳ février 2027, le vol solo change de paperasse. Aujourd'hui, il faut 15 ans révolus et une attestation de début de formation transmise au service des licences. Demain, ton instructeur ouvre une fiche de suivi de formation, et l'autorisation écrite de voler seul y est reportée — tu la détiens à bord. Moins d'administration, même exigence d'âge : quinze ans révolus.

À partir du 1ᵉʳ février 2028, la délivrance du brevet de pilote ULM exigera en plus « un entrainement en vol comportant au minimum un vol comme pilote seul à bord ». Aujourd'hui, le lâcher solo est une évidence pédagogique ; demain, c'est une condition écrite dans le texte.

À retenir

  • Rien ne change avant le 1ᵉʳ février 2027.
  • Classe 1 : 100 vols au lieu de 70 h. Classe 5 : 50 vols au lieu de 70 h.
  • Le théorique instructeur devra dater de moins de 24 mois.
  • Formation : 50 h de théorie + 30 h de vol (30 vols en classe 1, 15 en classe 5).
  • Douze mois de privilèges restreints après la délivrance.
  • Prorogation : stage de 2 jours en présentiel + évaluation par un EIULM.
  • Écoles : nouvelle demande avant le 1ᵉʳ juillet 2027, ancien agrément caduc le 1ᵉʳ août 2027.
  • 1ᵉʳ février 2028 : un vol solo devient une condition de délivrance du brevet.

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Sources et dernière vérification

Chaque fait de cette page a été lu dans le texte officiel, pas dans une reprise de presse. Le Journal officiel n°0178 du 1ᵉʳ août 2026 porte les deux arrêtés du 22 juillet 2026 ; les règles « aujourd'hui » viennent de la version consolidée de l'arrêté du 31 juillet 1981.

Dernière vérification : 26 août 2026. Cette page sera relue à chaque publication d'un texte d'application ou d'une instruction DGAC. Si tu constates un écart avec le texte officiel, signale-le-nous : on corrige à la source.

Vos questions

Quand la nouvelle réglementation de la formation d'instructeur ULM entre-t-elle en vigueur ?

Le 1ᵉʳ février 2027. L'article 9 de l'arrêté du 22 juillet 2026 (NOR TRAA2616173A) le dit mot pour mot, avec une seule exception : l'article 4, qui touche la délivrance du brevet, entre en vigueur le 1ᵉʳ février 2028. Jusqu'au 1ᵉʳ février 2027, les règles actuelles s'appliquent sans changement.

Combien d'heures de vol faudra-t-il pour entrer en formation d'instructeur ULM en 2027 ?

Le tableau du paragraphe 7.5.1.1.1 demande 100 vols en classe 1 (paramoteur), 100 h en classe 2 (pendulaire), 150 h en classe 3 (multiaxe), 200 h en classe 4 (autogire), 50 vols en classe 5 (aérostat ultraléger) et 200 h en classe 6 (hélicoptère ultraléger). Les classes 1 et 5 passent donc des heures aux vols ; aujourd'hui, elles exigent 70 h.

Que dure la formation d'instructeur ULM dans le nouveau texte ?

50 heures de théorie — 15 h de techniques d'instruction, 32 h de connaissances théoriques ULM, 3 h sur les vols solo — et de la pratique selon la classe : 30 heures de vol pour les classes 2, 3, 4 et 6, 30 vols pour la classe 1, 15 vols pour la classe 5. Ce sont des minimums.

Qu'est-ce que la restriction de douze mois après la qualification ?

Pendant au moins douze mois après la délivrance, l'instructeur forme des élèves pilotes mais ne forme pas d'instructeurs. Pour lever la restriction : 20 h d'instruction en vol (classes 2, 3, 4, 6), 10 séances (classe 1) ou 5 séances (classe 5), la supervision d'un vol seul à bord, et un module de levée de restriction suivi dans les six mois précédant la demande.

Un instructeur ULM déjà qualifié doit-il repasser quelque chose en 2027 ?

Non. L'article 8 III de l'arrêté du 22 juillet 2026 déclare les qualifications en cours de validité réputées conformes au nouveau régime. Ce qui change, c'est la prorogation : à partir du 1ᵉʳ février 2027, elle demande un stage d'actualisation de deux journées en présentiel et une évaluation de compétences conduite par un examinateur d'instructeur (EIULM).