Réglementation
Emport passager ULM : l'autorisation pour voler à deux
Emport de passager en ULM : autorisation délivrée après un test en vol, apposée sur ta licence, classe par classe. Conditions, assurance et conseils.
Non, le brevet ULM seul ne te permet pas d'emmener quelqu'un : il faut une autorisation dédiée, appelée « autorisation d'emport de passager ». Elle est délivrée classe par classe, après un test en vol avec un instructeur ULM, puis apposée sur ta licence de pilote. La réglementation ne fixe ni nombre d'heures minimal ni nouvel examen théorique : c'est ton instructeur qui valide que tu es prêt.
Ce que dit la réglementation
Le texte de référence est l'arrêté du 31 juillet 1981 relatif aux brevets, licences et qualifications des navigants non professionnels. Il pose le principe : le titulaire d'une licence de pilote d'ULM « emporte un passager s'il détient, pour la classe considérée, l'autorisation correspondante ». Ces autorisations additionnelles « sont apposées sur la licence de pilote d'ULM ».
Le formulaire officiel de la DGAC ajoute une précision qui compte : « l'exercice du privilège n'est autorisé qu'une fois apposée sur la licence ». Autrement dit, réussir le test ne suffit pas : tant que ta licence n'est pas à jour, tu continues de voler seul.
Deux autres règles encadrent le vol à deux :
- Un seul passager. Un ULM est monoplace ou biplace : tu n'emmèneras jamais plus d'une personne.
- VFR de jour uniquement. Comme tous les vols ULM, le vol avec passager se fait à vue et de jour — le vol de nuit est interdit.
Pourquoi cette étape supplémentaire ? Parce qu'un passager change tout : la masse et le centrage de la machine, les distances de décollage, ton attention, et la gestion d'une personne qui découvre peut-être le ciel. L'autorisation transforme cette marche en étape balisée. C'est une logique de sécurité, pas une paperasse de plus.
Comment obtenir l'autorisation d'emport de passager
Le parcours est simple et progressif :
- Décroche ton brevet et ta licence de pilote ULM. Théorique commun de 60 QCM puis formation pratique : tout est détaillé sur notre page brevet ULM. Le brevet est accessible dès 15 ans — notre guide à quel âge piloter un ULM fait le point complet.
- Vole en solo et engrange de l'expérience. Aucun minimum d'heures n'est imposé par les textes : la régularité et la maîtrise comptent plus que le compteur.
- Prépare le test avec ton instructeur. Pilotage avec une masse à l'arrière ou à côté, décollages et atterrissages à masse élevée, briefing passager, gestion des imprévus.
- Passe le test en vol. Un contrôle en vol mené par un instructeur ULM, dans la classe concernée, valide ton aptitude.
- L'instructeur atteste ta réussite. Il remplit le formulaire officiel d'attestation (35FormExa), transmis à ta direction de la sécurité de l'aviation civile interrégionale (DSAC-IR).
- L'autorisation est apposée sur ta licence. À partir de là — et seulement là — tu peux officiellement voler à deux.
Conseil d'ami : anticipe le délai administratif. Ne promets pas un vol à ta moitié pour dimanche si ta licence mise à jour n'est pas revenue.
Une autorisation par classe d'ULM
L'autorisation d'emport de passager n'est pas globale : elle est délivrée pour une classe précise, celle du test. Le formulaire DGAC prévoit une case par classe :
- Emport passager multiaxe
- Emport passager pendulaire
- Emport passager paramoteur
- Emport passager autogire ultraléger
- Emport passager aérostat ultraléger
- Emport passager hélicoptère ultraléger
Tu voles en multiaxe et en pendulaire ? Il te faudra deux autorisations, validées chacune par un test dans la classe concernée. Logique : on ne gère pas un passager de la même façon à la barre d'un pendulaire et au manche d'un multiaxe. Pour mieux cerner les spécificités de chaque machine, fais un tour sur notre page des classes d'ULM.
Responsabilité et assurance : ce qu'il faut verrouiller
En vol, tu es commandant de bord. La sécurité de ton passager repose sur tes décisions : météo, préparation, demi-tour si nécessaire. Cette responsabilité est le cœur du privilège que t'accorde l'autorisation.
Côté assurance, trois vérifications s'imposent avant le premier vol à deux :
- La responsabilité civile aérienne, obligatoire, couvre les dommages causés aux tiers — ton passager en fait partie. Vérifie qu'elle est à jour.
- La mention de l'emport de passager dans ton contrat : signale à ton assureur que tu voles désormais à deux, pour éviter toute zone grise.
- Une garantie individuelle accident pour le passager : les licences-assurances fédérales proposent ce type d'option, qui complète utilement la RC.
Pour un passager mineur, fais signer une autorisation parentale : la fédération met un modèle à disposition, et c'est la pratique recommandée. Quant à la machine, respecte scrupuleusement masse maximale et centrage avec le poids réel de ton passager et le carburant du jour : en biplace, la marge se calcule au kilo.
Réussir ton premier vol avec un passager
Le test validé, reste le plus beau : partager. Voici les bonnes pratiques des pilotes expérimentés pour un premier vol à deux serein :
- Choisis le bon passager. Quelqu'un de confiant, détendu, qui a envie de voler — pas quelqu'un qu'on traîne.
- Choisis le bon créneau. Air calme du matin ou de fin de journée, ciel dégagé, vent faible. Reporte sans état d'âme si la météo se dégrade : c'est exactement ce qu'un passager doit voir.
- Briefe complètement au sol. Montée à bord, ceinture, casque, ce qu'on ne touche pas, comment signaler une gêne. Un passager informé est un passager serein.
- Vol court et simple. 20 à 30 minutes autour de ta base, sur un parcours que tu connais par cœur. Les grands voyages attendront le troisième ou quatrième vol.
- Garde des marges. Carburant large, piste connue, solution de déroutement simple en tête.
- Parle pendant le vol. Annonce les virages, montre les repères, préviens avant la descente. Le silence inquiète, la voix rassure.
- Débriefe avec le sourire. Et si ton passager a trouvé ça moyen, aucun drame : raccourcir un vol ou se poser tôt est la marque d'un bon pilote, jamais un échec.
Entre deux vols, entretiens aussi tes connaissances : quelques QCM d'entraînement par semaine suffisent à garder la réglementation et la météo fraîches en tête.
Emport de passager ou baptême : ne confonds pas
Avec ton autorisation, tu partages ta passion avec tes proches, dans un cadre privé. Les baptêmes de l'air proposés au public, eux, se font uniquement auprès d'instructeurs et de structures déclarés DGAC. Si quelqu'un veut découvrir l'ULM avant que ta licence soit prête, oriente-le vers un baptême en ULM dans une école : il volera plus tôt, et toi tu prépareras ton test l'esprit tranquille.
Voler à deux est l'un des plus beaux privilèges du pilote ULM : offrir un lever de soleil vu d'en haut à quelqu'un qu'on aime, ça ne s'oublie pas. La marche est accessible — de l'expérience, un test en vol, une licence à jour — et elle commence par des fondations théoriques solides.
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Sources
- https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000486862/2021-03-31
- https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/35formexa.pdf
- https://ffplum.fr/pratiquer/devenir-pilote2/le-brevet-de-pilote
- https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/pilotes-dulm
- https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/ulm_nouvelle_reglementation.pdf